L'Écosse en famille : Des Highlands à Édimbourg

L'Écosse en famille : Des Highlands à Édimbourg


Publié le 3 Mars 2026

Pour ce mois de mai 2025, cap vers le nord ! Nous embarquons tous les trois pour deux semaines de road-trip en Écosse, un pays qui nous faisait rêver depuis longtemps avec ses châteaux, ses lochs mystérieux et ses paysages sauvages. Il faut dire qu’à force de regarder la série Outlander et la saga Harry Potter, on avait déjà un pied en Ecosse et dans les Highlands bien avant de prendre l’avion. Un vol EasyJet au départ de CDG, une voiture récupérée chez Arnold Clark, un loueur local écossais. Leur agence est légèrement excentrée de l’aéroport (cinq minutes en navette gratuite), mais le service est au top et la voiture impeccable, avec le siège auto cette fois, contrairement à notre mésaventure en Toscane. Premier défi immédiat : la conduite à gauche. Les premiers ronds-points sont sportifs, mais on s’y fait vite.

Après une courte route d’une quarantaine de minutes, nous posons nos valises à Perth pour notre première nuit au Leonardo Boutique Hotel, un bel établissement niché dans un parc verdoyant. Dîner et petit-déjeuner compris : le ton est donné pour un voyage où l’on va enchaîner les fish and chips.

Scone Palace et la route vers les Highlands

Le lendemain matin, avant de prendre la direction du nord, nous faisons halte à Scone Palace, à quelques minutes de Perth. Ce château de grès rouge, entouré de pelouses impeccables et de jardins majestueux, est un lieu chargé d’histoire : c’est ici que les rois d’Écosse étaient couronnés pendant des siècles, sur la célèbre Pierre du Destin.

Scone Palace, lieu de couronnement des rois d'Écosse
Scone Palace, lieu de couronnement des rois d'Écosse

Les jardins sont un enchantement, avec leurs arbres centenaires, leurs paons qui se baladent librement et des sculptures d’animaux en métal disséminées dans le parc. Notre petit bonhomme est aux anges devant les armures de chevalier exposées dans le château, et se prend pour l’un d’entre eux grâce à l’épée en mousse qu’on lui a achetée à la boutique.

Sculptures de cerfs dans les jardins de Scone Palace
Sculptures de cerfs dans les jardins de Scone Palace

La route vers Inverness nous prend environ deux heures, à travers des paysages qui changent progressivement : les champs cultivés du Perthshire laissent place aux collines de bruyère des Highlands. Nous nous installons dans un petit cottage situé à quelques kilomètres d’Inverness dans la campagne de Daviot, qui sera notre camp de base pour les trois prochaines nuits.

Inverness et les champs de Culloden

Notre premier jour complet dans les Highlands commence par une visite à Farm Ness, une ferme pédagogique aux portes d’Inverness. Il fait un froid glacial ce jour-là, mais on peut approcher et nourrir les animaux, dont les fameuses Highland cows, ces vaches à poils longs et aux cornes impressionnantes qui sont devenues l’un des symboles de l’Écosse. Impossible de résister à leur charme avec leur frange qui leur tombe sur les yeux. Honnêtement, malgré les Highland cows, la ferme reste plutôt petite. Il y a quelques jeux pour enfants mais on en fait vite le tour.

Une Highland cow dans toute sa splendeur à Farm Ness
Une Highland cow dans toute sa splendeur à Farm Ness

L’après-midi, changement radical d’ambiance. Nous visitons le champ de bataille de Culloden, lieu de la dernière bataille rangée sur le sol britannique en 1746, où les clans jacobites fidèles à Bonnie Prince Charlie furent écrasés par l’armée gouvernementale. Les fans d’Outlander reconnaîtront ce lieu central de la série, et le site est poignant : de simples pierres gravées du nom des clans marquent l’emplacement où sont tombés les combattants. Le cairn mémorial, couvert de fleurs fraîches déposées par les visiteurs, témoigne que la mémoire de cette bataille reste vive près de trois siècles plus tard.

Pierre tombale d'un clan sur le champ de bataille de Culloden Le cairn mémorial de Culloden

Fort George, gardien du Moray Firth

Le lendemain, nous roulons jusqu’à Fort George, une immense forteresse militaire du XVIIIe siècle construite après la défaite jacobite de Culloden pour maintenir l’ordre dans les Highlands. Encore utilisé comme base militaire jusqu’à récemment, le fort est l’une des fortifications d’artillerie les mieux conservées d’Europe.

Les remparts de Fort George et le Moray Firth Le bâtiment principal de Fort George

La visite est fascinante. On déambule le long des remparts massifs qui surplombent le Moray Firth, avec des vues spectaculaires sur la mer et les côtes environnantes. Le petit adore se faufiler dans les guérites et observer la mer à travers les meurtrières des murailles. Par beau temps, on peut même apercevoir des dauphins depuis les remparts, mais aujourd’hui le vent souffle fort et la mer est agitée.

Vue sur le Moray Firth à travers une meurtrière de Fort George
Vue sur le Moray Firth à travers une meurtrière de Fort George

Le Loch Ness et Urquhart Castle

Le jour suivant est consacré à l’un des incontournables de tout voyage en Écosse : le Loch Ness. Nous embarquons tôt le matin pour une croisière de deux heures avec Jacobite Cruises, au départ de Dochgarroch Lock. Le bateau remonte tranquillement le loch, dont les eaux sombres et profondes semblent garder jalousement leurs secrets. On scrute la surface à la recherche de Nessie, évidemment sans succès, mais l’ambiance mystérieuse du lieu suffit à alimenter l’imagination.

Urquhart Castle surgit sur les rives du Loch Ness
Urquhart Castle surgit sur les rives du Loch Ness

Le clou de la croisière est la vue sur Urquhart Castle, dont les ruines majestueuses se dressent sur un promontoire rocheux au bord du loch. Le contraste entre les pierres grises du château, le vert intense de la végétation et le bleu profond des eaux est saisissant.

La tour d'Urquhart Castle depuis le loch Les ruines d'Urquhart Castle

Après la croisière, nous visitons le château à pied. Les ruines sont impressionnantes et offrent des vues plongeantes sur le loch. Un trébuchet reconstitué trône fièrement dans la cour, rappelant les assauts que la forteresse a subis au fil des siècles. À Drumnadrochit, on flâne dans les boutiques du village, toutes plus kitsch les unes que les autres avec leurs peluches, mugs et figurines à l’effigie de Nessie.

Vue d'ensemble d'Urquhart Castle surplombant le Loch Ness
Vue d'ensemble d'Urquhart Castle surplombant le Loch Ness

Nous passons la nuit à Drumnadrochit, dans un hôtel au calme dans la campagne environnante. Petit-déjeuner compris le lendemain : œufs, bacon, saucisses, beans… le Full Scottish Breakfast dans toute sa splendeur.

L’île de Skye : Eilean Donan, Sligachan et Portree

La route vers l’île de Skye est à elle seule un spectacle. Mais avant d’atteindre l’île, un arrêt s’impose à Eilean Donan Castle, probablement le château le plus photographié d’Écosse. Posé sur un îlot au confluent de trois lochs, relié à la terre par un pont de pierre, il est d’une beauté à couper le souffle. On comprend pourquoi il a servi de décor à de nombreux films, dont Highlander.

Eilean Donan Castle, l'un des châteaux les plus emblématiques d'Écosse
Eilean Donan Castle, l'un des châteaux les plus emblématiques d'Écosse

Nous reprenons la route et atteignons l’île de Skye par le pont moderne qui la relie au continent. Premier arrêt : le Sligachan Old Bridge, un vieux pont de pierre qui enjambe la rivière avec en toile de fond les sommets déchiquetés des Cuillin Mountains. La lumière est dramatique, les nuages s’accrochent aux crêtes et le vent souffle dans la lande. C’est l’Écosse comme on l’imaginait, sauvage et grandiose.

Le Sligachan Old Bridge face aux Cuillin Mountains
Le Sligachan Old Bridge face aux Cuillin Mountains
Les Cuillin dans la brume, depuis les rives de la Sligachan
Les Cuillin dans la brume, depuis les rives de la Sligachan

Notre logement sur Skye est un appartement à Portree, le charmant petit port principal de l’île. Ses maisons aux façades peintes de couleurs vives se reflètent dans les eaux calmes du port, créant un tableau d’une photogénie redoutable. On pourrait rester des heures assis sur le quai à regarder les bateaux de pêche aller et venir.

Le port coloré de Portree, capitale de l'île de Skye
Le port coloré de Portree, capitale de l'île de Skye

Le Old Man of Storr

Le lendemain, journée randonnée ! Direction le Old Man of Storr, l’une des formations rocheuses les plus emblématiques d’Écosse. On avait choisi cette rando car pas trop longue, idéale avec un petit de trois ans. Le sentier grimpe sérieusement à travers la lande, mais l’effort est largement récompensé par les panoramas à couper le souffle qui se dévoilent au fur et à mesure de l’ascension. Notre fils marche courageusement un bon moment avant de finir sur les épaules de papa quand la pente a eu raison de ses petites jambes.

Vue panoramique sur les lochs depuis la montée vers le Storr Les formations rocheuses du Old Man of Storr

Le moment fort de la randonnée : un petit loch de montagne dans lequel se reflètent les aiguilles rocheuses du Storr. La composition est parfaite, presque irréelle. On a la chance d’avoir un temps plutôt clément ce jour-là, ce qui rend le spectacle encore plus beau.

Le Old Man of Storr se reflétant dans un loch de montagne
Le Old Man of Storr se reflétant dans un loch de montagne

Excursion en mer et dauphins

Pour notre dernière journée sur Skye, nous embarquons pour une excursion en bateau le long de la côte. Les falaises se découpent de manière spectaculaire sur la mer, tantôt verdoyantes, tantôt rocheuses. Mais le véritable coup de théâtre survient lorsque le capitaine repère un groupe de dauphins ! Ils s’approchent du bateau, sautent hors de l’eau, jouent dans notre sillage. Notre fils est surexcité, nous aussi d’ailleurs. Un moment vraiment magique.

Les falaises de la côte de Skye depuis la mer Un dauphin bondissant devant le bateau au large de Skye
Dauphins au large de l'île de Skye
Dauphins au large de l'île de Skye

Le viaduc de Glenfinnan et la vallée de Glencoe

En quittant Skye, nous mettons le cap sur la région de Fort William et le célèbre viaduc de Glenfinnan. Ce pont ferroviaire aux vingt et une arches de pierre, immortalisé par les films Harry Potter (c’est le Poudlard Express qui le franchit dans les films), est un monument à lui seul. Les horaires de passage du train sont affichés au parking, et après une petite marche de quinze minutes jusqu’au point de vue sur la colline d’en face, nous assistons au passage du Jacobite Express, cependant à certains horaires comme le nôtre, ce n’est pas l’authentique train à vapeur qui emprunte le viaduc mais un train plus moderne. Cela reste un moment magique de le voir traverser les arches avec les montagnes en arrière-plan.

Le Jacobite Express franchissant le viaduc de Glenfinnan
Le Jacobite Express franchissant le viaduc de Glenfinnan
Le viaduc de Glenfinnan et ses arches majestueuses Le viaduc en perspective

Notre cottage Heatherbank à Onich, entre Fort William et Glencoe, offre un cadre idyllique pour nos deux dernières nuits dans les Highlands. Le lendemain, nous explorons la vallée de Glencoe, l’un des paysages les plus spectaculaires d’Écosse. Les montagnes se dressent de chaque côté de la route, formant un corridor naturel d’une beauté sauvage et austère. L’endroit est chargé d’histoire : c’est ici qu’eut lieu le massacre de Glencoe en 1692, où des membres du clan MacDonald furent tués par les soldats du clan Campbell.

Panorama de la vallée de Glencoe
Panorama de la vallée de Glencoe

Nous visitons également une reconstitution de maison traditionnelle highland en chaume, qui donne une idée de la rudesse des conditions de vie dans les Highlands il y a quelques siècles. Basse, sombre, avec un feu de tourbe au centre : on est bien loin du confort moderne.

Reconstitution d'une maison traditionnelle des Highlands
Reconstitution d'une maison traditionnelle des Highlands

Édimbourg

Pour la dernière étape de notre voyage, nous rendons la voiture et nous installons à Édimbourg pour trois nuits. Après deux semaines de paysages sauvages, le contraste avec l’effervescence de la capitale écossaise est saisissant.

Une journée est consacrée au zoo d’Édimbourg. Le zoo est plutôt sympa, mais posé sur une colline, ce qui veut dire pas mal de pente à arpenter. Le zoo propose un parcours avec des reconstitutions de dinosaures grandeur nature qui font la joie de notre garçon, fan absolu de ces créatures disparues.

Le lendemain, visite d’Edinburgh Castle, perché sur son rocher volcanique au cœur de la ville. L’imposante forteresse domine les toits de la Old Town et offre des vues panoramiques sur la ville et le Firth of Forth. L’histoire millénaire du lieu transpire de chaque pierre, des prisons de guerre aux Joyaux de la Couronne d’Écosse.

L'entrée imposante d'Edinburgh Castle
L'entrée imposante d'Edinburgh Castle
Edinburgh Castle sur son rocher volcanique L'esplanade du château

On profite aussi d’Édimbourg pour flâner dans les boutiques de la Old Town, et il y a de quoi faire : boutiques Harry Potter, décos fantasy, armures de chevaliers, reproductions d’épées de films… On ne s’ennuie pas.

Le dernier jour, vol retour vers Paris la tête pleine de souvenirs. L’Écosse nous a offert exactement ce qu’on était venus chercher : des paysages grandioses à chaque virage, une histoire riche et souvent tragique, des rencontres improbables avec des dauphins et des Highland cows, et cette atmosphère si particulière des Highlands, où le ciel change toutes les cinq minutes et où la lumière sublime les paysages les plus austères.

Deux semaines en Écosse en famille, c’est le bon tempo. Les distances sont raisonnables (rarement plus de deux ou trois heures de route entre chaque étape), les hébergements sont de qualité, et le pays regorge d’activités adaptées aux enfants. Seul bémol : la météo, évidemment capricieuse, mais même sous un ciel gris, l’Écosse garde tout son charme. Et quand le soleil perce les nuages pour illuminer un loch ou une vallée, c’est tout simplement inoubliable.




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