Voyage en Gaspésie, sur les rives du Saint Laurent

Voyage en Gaspésie, sur les rives du Saint Laurent


Publié le 9 Janvier 2017

Nous voilà de retour sur les routes, en ce mois de Septembre, direction le Québec, et principalement la Gaspésie. Nous avons fait ce voyage à 4, avec un autre couple d’amis. Nous avons passé quelques jours à Montréal ainsi qu’à Québec et à New-York mais nous y reviendrons dans de prochains articles.

La Gaspésie, c’est ce morceau de terre qui s’étend à l’Ouest de la province de Québec au Canada, entouré par l’estuaire du fleuve Saint-Laurent au nord, le golfe du Saint-Laurent à l’est, et la Baie des chaleurs au sud. Loin d’être la région la plus connue du Québec, la Gaspésie est pourtant pleine d’atouts. On peut se balader sur les multiples chemins de randonnées du Parc national de la Gaspésie, ou du Parc Forillon, et y admirer la faune locale (orignaux, porc-épic, baleines, phoques, etc.). Pour les adeptes d’activités, on peut y faire du kayak, du vélo, du canot, etc. Et ce ne sont que des exemples de ce que propose la Gaspésie.

Notre itinéraire au bord de l’eau

Nous avons parcouru la Gaspésie en voiture (louée à l’aéroport de Montréal). Le point fort de cette région, et du parcours que nous avons fait, est d’être tout le temps en bord de fleuve, ou en bord de mer. Voici une carte de notre itinéraire, ainsi que des principaux lieux que nous avons visité, ou dans lesquels nous avons séjourné.

De Rivière-du-Loup à Saint-Anne-des-Monts

Point d’entrée de la Gaspésie, Rivière-du-Loup est avant tout une ville étape, située à 2h30 de voiture de Québec. Nous y passons la nuit, pour démarrer notre périple Gaspésien le lendemain matin.

Au réveil, désagréable surprise : un brouillard épais enveloppe tout le paysage, accompagné d’un froid mordant, à peine 10°C. Quel contraste avec la veille, où nous nous promenions en tee-shirt à Québec par plus de 20°C. Notre séjour en Gaspésie se déroulant la dernière quinzaine de septembre, ces écarts de température illustrent bien la variabilité climatique de la région. Cette météo brumeuse persistera toute la journée, mais heureusement, les jours suivants nous offriront davantage de soleil, même si les températures resteront fraîches.

Il y a au total 3h de route depuis Rivière-du-Loup jusqu’à Saint-Anne-des-Monts. Nous avons prévu la journée, afin de nous arrêter aux différents points d’intérêts sur le chemin (mais aussi selon nos envies).

Premier arrêt, le Parc National du Bic, dont nous ne profitons pas vraiment à cause de la brume. Une randonnée permet de monter sur l’un des sommets du parc pour admirer la vue, mais étant donné que nous ne voyons déjà pas grand chose en bas, nous décidons de nous contenter des plages embrumées.

Sur la route, nous faisons un arrêt à Rimouski, et nous déjeunons au Centre d’art Marcel Gagnon à Sainte-Flavie. En nous baladant sur la plage, nous y trouvons d’étranges personnages qui plongent dans la mer au gré des marées, des sculptures de ce même Marcel Gagnon.

La Gaspésie sous la brume

Parmi les lieux que nous n’avons pas fait, les jardins de Métis, pourtant fortement conseillés mais malheureusement fermés quand nous y étions, en automne. Nous avons également mis de côté la réserve faunique de Matane, souhaitant privilégier le Parc National de la Gaspésie. Ces deux endroits présentent tous deux une forte densité d’orignaux. Cependant, dans la réserve faunique, ces animaux sont chassés, au contraire du Parc National, où ils sont protégés.

Nous arrivons le soir à Saint-Anne-des-Monts. Nous resterons 3 nuits à l’Auberge du Vieux Faubourg, où la propriétaire nous a merveilleusement bien accueilli.

Randonnées au coeur du Parc National de la Gaspésie

Saint-Anne-des-Monts sera notre “camp de base” pour visiter le Parc de la Gaspésie. Les logements y sont plus nombreux et beaucoup moins cher qu’à l’intérieur du parc. Et il n’y a que 30 minutes de voiture entre la ville et le parc.

Le parc s’étend sur un vaste territoire et la randonnée constitue naturellement l’activité principale. Le réseau de sentiers offre des options pour tous les niveaux et toutes les envies.

Parmi les randonnées accessibles, nous recommandons la balade jusqu’au Lac aux Américains, qui récompense l’effort par un magnifique point de vue sur un lac cerné de montagnes. Le sentier de la Chute du Diable séduit quant à lui par son parcours forestier ponctué de rivières vives et de cascades rafraîchissantes. Pour les randonneurs aguerris, la boucle du Mont Albert représente un défi de taille : 17 kilomètres et entre 6 et 8 heures de marche.

Parc National de la Gaspésie
Le Petit Lac Cascapédia
Le Petit Lac Cascapédia
Sur le sentier La Chute du Diable
Sur le sentier La Chute du Diable

Au-delà des randonnées, le parc constitue un sanctuaire privilégié pour observer les orignaux, ces majestueux cervidés que l’on nomme élans en France. Nous optons pour une sortie guidée organisée par les rangers du parc.

L’excursion débute en fin d’après-midi, à l’heure où les orignaux sortent se nourrir. Pendant près de deux heures, nous suivons notre guide sur des chemins fermés au public. Il nous initie au mode de vie de cet animal imposant, nous apprend à reconnaître ses traces - empreintes dans la boue, branches cassées, écorces grignotées. Nous progressons dans le plus grand silence, chaque bruissement pouvant faire fuir ces créatures pourtant massives mais étonnamment discrètes.

Nous apercevons deux individus au loin, malheureusement trop éloignés pour une photo satisfaisante. Mais l’expérience valait le détour, et nous ne perdons pas espoir d’une rencontre plus rapprochée.

Le crâne et les bois d'un orignal défunt
Le crâne et les bois d'un orignal défunt

Le lendemain matin, la chance tourne en notre faveur de façon spectaculaire. Alors que nous arpentons le sentier de la Chute du Diable, Céline tombe soudain nez-à-nez avec un orignal femelle qui vient tout juste de traverser le chemin. Nous la rejoignons en silence, retenant notre souffle. L’animal se tient immobile à quelques mètres à peine, nous observant avec autant de curiosité que nous l’observons. Ce moment suspendu dans la forêt gaspésienne surpasse de loin notre précédente observation d’orignal au parc Grand Teton, aux États-Unis, où nous n’avions pu l’apercevoir que de loin.

Un orignal sauvage, une femelle
Un orignal sauvage, une femelle

Enfin, il est possible de faire du canot sur le lac Cascapédia, mais malheureusement pour nous, l’activité était terminée pour la saison au moment de notre passage. Tant pis, nous en ferons au parc de la Mauricie, sur la route du retour vers Montréal.

Le Parc national Forillon, au coeur de la baie de Gaspé

Notre périple nous conduit ensuite vers Gaspé, où nous posons nos valises pour deux nuits dans un chalet en bois absolument charmant, niché en bordure de l’eau. La fin de saison touristique nous permet de profiter de ce lieu à un tarif très abordable.

Le chalet, authentiquement québécois, se dresse au milieu des bois avec une vue imprenable sur la baie de Gaspé. Équipé d’un foyer extérieur et d’un barbecue, il nous offre l’opportunité de vivre pleinement l’expérience canadienne. Nous en profitons pour faire griller des chamallows au feu de bois sous un ciel étoilé. L’obscurité de ce lieu reculé se prête aussi parfaitement à nos expérimentations en photographie nocturne et poses longues.

Petit feu de bois, au bord de la baie de Gaspé
Petit feu de bois, au bord de la baie de Gaspé

Le Parc Forillon, affectueusement surnommé “Le bout du monde” par les habitants, se déploie entre le golfe du Saint-Laurent d’un côté et la baie de Gaspé de l’autre. Son trait distinctif ? D’impressionnantes falaises rocheuses qui plongent vertigineusement dans les eaux, marquant une frontière spectaculaire entre terre et mer.

La faune du parc est tout aussi remarquable. Les porcs-épics y sont aussi courants que les écureuils dans les parcs montréalais, les ours noirs empruntent parfois les sentiers de randonnée, et les baleines se nourrissent au large. Un réseau de sentiers bien aménagés permet d’explorer cette nature généreuse, notamment celui menant à la presqu’île de Penouille ou la randonnée jusqu’au phare du Cap Gaspé, point ultime de la péninsule.

Le Parc National de Forillon
Un porc-épic, l'un des nombreux du Parc Forillon
Un porc-épic, l'un des nombreux du Parc Forillon

Lors de notre visite, nous réservons une sortie en zodiac avec la compagnie Croisière baie de Gaspé dans l’espoir d’observer les baleines qui se nourrissent dans ces eaux. L’excursion dure environ deux heures, avec une houle suffisamment prononcée pour que Julien reste agrippé à la barrière une bonne partie du trajet.

Malheureusement, pas l’ombre d’une baleine à l’horizon. Avec la faune sauvage, aucune garantie n’existe. Malgré les efforts du guide et du capitaine, qui n’hésitent pas à s’aventurer plus au large en affrontant une houle plus forte, nous rentrons bredouilles.

Face à cette déception, la compagnie nous propose généreusement de revenir le lendemain à la même heure, gratuitement, pour une seconde tentative. Nous déclinons poliment, préférant consacrer cette journée à la découverte de Percé et de l’île Bonaventure.

Le Rocher Percé et l’île Bonaventure

La ville de Percé doit son nom à l’extraordinaire formation rocheuse qui domine son paysage : une imposante masse calcaire percée d’une arche naturelle à sa base. Cette sculpture géologique raconte une histoire millénaire. Autrefois, le rocher comptait deux arches, mais l’une d’elles s’est effondrée en 1845. L’arche actuelle, aussi majestueuse soit-elle, connaîtra le même sort un jour - l’érosion finit toujours par l’emporter.

Ce monument naturel impressionne d’autant plus qu’il se dresse à seulement une centaine de mètres du rivage, offrant un spectacle saisissant depuis la plage.

Le rocher percé, dans la ville de Percé

L’île Bonaventure, visible depuis Percé, offre une quinzaine de kilomètres de sentiers de randonnée. Mais ce n’est pas pour ses chemins forestiers que nous embarquons sur le bateau. L’île abrite la plus grande colonie de Fous de Bassan au monde, ces magnifiques oiseaux de mer au plumage blanc immaculé rehaussé d’une teinte dorée sur la tête.

L’expérience est totalement immersive - au sens propre du terme. Le spectacle visuel de dizaines de milliers d’oiseaux s’accompagne d’une symphonie cacophonique de cris aigus et d’une odeur… disons caractéristique, que nous n’oublierons pas de sitôt. Tous nos sens sont sollicités dans cette rencontre avec la nature à l’état brut.

Les Fous de Bassan de l'île Bonaventure en Gaspésie
Deux Fous de Bassan en pleine accolade

Le Bioparc de la Gaspésie,
une agréable surprise

Poursuivant notre route le long de la Baie des Chaleurs, nous faisons halte au Bioparc de la Gaspésie. Malgré ce que son nom suggère, ce parc animalier ne se situe ni sur l’île Bonaventure, ni même près de Gaspé, mais à mi-chemin entre ces deux points et Carleton-sur-Mer, où nous passerons la nuit suivante.

Soyons honnêtes : nous avons failli passer notre chemin. Notre préférence va clairement à l’observation d’animaux en pleine nature plutôt que dans un cadre zoologique. Mais notre programme du jour étant léger, nous décidons de tenter l’expérience, sans grande attente.

Quelle belle surprise ! Nous arrivons pile pour le nourrissage des phoques. L’affluence est faible, la guide passionnée et accessible, le soleil généreux - bref, les conditions idéales se conjuguent. Séduits, nous suivons notre guide pour tout l’après-midi.

Le bioparc a intelligemment orchestré les horaires de nourrissage pour permettre aux visiteurs de passer naturellement d’un enclos à l’autre. Loups, ours bruns, orignaux, phoques, loutres, ratons laveurs, lynx… Tous sortent à tour de rôle pour leur repas, nous offrant l’occasion de les observer de près dans des environnements reconstitués fidèlement.

Un renne du bioparc de la Gaspésie
Un renne du bioparc de la Gaspésie

Miguasha, ses falaises et ses fossiles

Dernière visite de notre périple gaspésien, le site de Miguasha, un parc national réputé pour les nombreux fossiles qui ont été découverts au bord de ses falaises. À l’intérieur, on commence par une petite vidéo retraçant l’histoire du parc et de sa géologie, puis la visite du musée lui-même, dans lequel sont présentés les principaux fossiles qui ont été découverts sur le lieu.

À l’extérieur, une guide nous présente les falaises, les différents lieux d’extraction, ainsi que les techniques utilisées. On peut également faire une petite randonnée d’une heure, qui longe les falaises.

L'un des fossiles du parc de Miguasha
L'un des fossiles du parc de Miguasha

Nous ne passons qu’une soirée au bord du Lac témiscouata, toutes les activités étant fermées pour la saison.

La gastronomie gaspésienne

La Gaspésie est entourée par l’eau, c’est donc en toute logique que les produits de la mer sont à l’honneur dans les différents restaurants de la péninsule, avec en première place le homard. Le homard gaspésien s’exporte jusqu’au Japon, et les nombreux viviers présents tout au long du littoral garantissent un approvisionnement presque constant. Dans les restaurants, les prix sont accessibles, on trouve des homards entiers autour de 30€.

Un homard en Gaspésie

L’autre spécialité culinaire du Québec est la poutine : des frites et du fromage frais, recouverts d’une sauce brune.

Une poutine au Québec

Enfin, pour les amateurs de bières, on trouve énormément de microbrasseries en Gaspésie. La plus grande est certainement Pit Caribou, brassée à Percé. C’est ici aussi que l’on y trouve le pub officiel. Nous avons particulièrement bien aimé la microbrasserie Le Malbord à Saint-Anne-des-Monts. Outre les bières brassées localement, le Malbord propose des plats à base de bières, afin de rester dans le thème.

Et combien ça coûte ?

Nous sommes partis fin septembre, dans la fin de la saison touristique. À cette période les logements sont rarement complets. Nous avons donc pu réaliser quelques bonnes affaires en profitant de logements plutôt sympas à des prix très raisonnables, comme les chalets en bord de mer à Gaspé et Percé.

(516€ par personne) : Aller Paris -> Montréal, Retour New-York -> Bruxelles -> Paris, avec Air Canada. Le vol Montréal -> New-York nous coûtera 150€ par personne (bagages compris).

13 jours au total, pour 628€ (prix auquel il faudra ajouter les 15% de taxes, qui ne sont pas comprises dans le paiement lors de la réservation). Nous avons choisi la compagnie Budget, et réservé via le site autoescape. Voiture récupérée et rendue à l'aéroport de Montréal

En moyenne, les logements nous ont coûté entre 100 et 150€ par nuit, pour 4 personnes. Nous avons alterné entre des Auberges, des chalets, et une nuit en B&B. (Voir la carte pour la liste exhaustive).

Pour le midi, nous avons privilégié de nous faire à manger par nous-mêmes, ce qui nous a permis de faire des économies. D'autant plus que dans les parcs, les seuls endroits qui proposent de quoi déjeuner sont souvent très chers.

L'entrée des parcs se paye à la journée, selon le nombre de personnes. Par exemple, l'entrée du parc de la Gaspésie est de 8 $CAD par jour et par personne

Et pour finir, une petite vidéo

Musique : All I Want Is You, de Barry Louis Polisar



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