Pour ce mois de mai 2024, nous décidons de troquer les grands espaces lointains pour les collines ondoyantes de la Toscane. Un vol Ryanair au départ de Beauvais, une voiture de location récupérée à Pise, et nous voilà lancés pour cinq jours de road-trip à la découverte de cette région mythique, avec notre petit bonhomme sur le siège arrière.
San Gimignano, la Manhattan du Moyen Âge
Depuis l’aéroport de Pise, nous nous rendons chez Europcar pour récupérer notre voiture de location. Et c’est là que les ennuis commencent : pas de siège auto disponible pour un enfant de deux ans. Rien. Nada. Le comptoir n’a absolument rien à nous proposer. Commence alors une course contre la montre dans les rues de Pise à la recherche d’un magasin de puériculture pour acheter un siège auto en urgence. On finit par en trouver un, mais cette mésaventure nous coûte un bon bout de notre première après-midi (et de nos nerfs). Le siège nous sera heureusement remboursé au retour, mais si vous voyagez en famille : on vous déconseille vivement Europcar à Pise.
Cette galère derrière nous, nous mettons enfin le cap au sud en direction de San Gimignano, notre camp de base pour les deux premières nuits. Et très vite, les paysages toscans nous font oublier ce début chaotique et commencent à se dévoiler : rangées de cyprès élancés, vignobles à perte de vue et collines dorées par le soleil de fin d’après-midi. Puis, au détour d’un virage, la silhouette de San Gimignano apparaît au loin, perchée sur sa colline. Ses tours médiévales se découpent sur le ciel comme autant de gratte-ciels d’une époque révolue, ce qui lui vaut le surnom de “Manhattan du Moyen Âge”.
Notre hébergement, l’agriturismo Monte Oliveto, niché au milieu des oliviers, nous accueille avec un verre de vin du domaine offert dès notre arrivée. Le ton est donné. L’endroit nous offre une piscine avec vue panoramique sur la campagne toscane, le genre d’endroit où l’on se dit qu’on pourrait rester une semaine de plus sans aucun problème.
En fin d’après-midi, nous montons au village pour une première balade. Les ruelles pavées de San Gimignano sont un véritable enchantement : façades en pierre, boutiques d’artisans, et ces fameuses tours qui s’élèvent entre les toits. Sur quatorze tours encore debout (il y en avait soixante-douze à l’époque !), chacune témoigne de la rivalité entre les familles nobles qui cherchaient à construire la plus haute.
Impossible de résister à l’appel d’une gelato en terrasse sur la Piazza della Cisterna. Les gelaterie ne manquent pas à San Gimignano, et le résultat est à la hauteur de la réputation italienne : des parfums généreux et un goût incomparable. Première gelato du séjour, mais certainement pas la dernière.
Le soir, la foule se disperse et San Gimignano retrouve son calme. La lumière dorée du couchant enveloppe les pierres, et les tours projettent leurs ombres allongées sur les places presque désertes. C’est le moment idéal pour s’attabler en terrasse, une bière fraîche à la main, et profiter de l’atmosphère.
Sienne, perle de la Toscane
Le lendemain matin, direction Sienne, à quarante-cinq minutes de route. La météo est capricieuse : un ciel gris nous accueille à l’arrivée, avec quelques averses. Mais qu’importe, la pluie donne un charme supplémentaire aux pavés luisants et aux façades de brique.
Notre première étape est le Duomo di Siena, et quelle entrée en matière. L’extérieur de la cathédrale est déjà impressionnant avec sa façade en marbre blanc, vert et rose, ornée de mosaïques dorées. Mais c’est en franchissant le seuil que la magie opère véritablement.
L’intérieur nous laisse bouche bée. L’immensité de la nef et ses colonnes alternant bandes de marbre noir et blanc créent un effet graphique saisissant. Le plafond peint en bleu nuit, parsemé d’étoiles dorées, donne l’impression de contempler la voûte céleste. Les sols en marqueterie de marbre, les fresques et les vitraux composent un ensemble d’une richesse artistique rare. Même notre petit bonhomme, pourtant plus attiré d’habitude par les dinosaures que par les cathédrales, reste quelques instants silencieux, le nez en l’air.
Nous poursuivons notre balade en direction de la Piazza del Campo, le cœur battant de Sienne. Cette place en forme de coquillage est tout simplement unique au monde. Bordée de palais médiévaux et dominée par la haute silhouette de la Torre del Mangia qui culmine à 102 mètres, elle forme un vaste amphithéâtre incliné où Siennois et touristes viennent s’installer pour profiter de l’ambiance.
C’est ici que se déroule le célèbre Palio, la course de chevaux qui oppose deux fois par an les dix-sept contrade (quartiers) de la ville. On imagine sans peine l’effervescence qui doit régner sur cette place les jours de course. En attendant, notre petit profite de l’espace pour courir après les pigeons, un sport qui semble universel chez les enfants de deux ans.
Nous déjeunons dans les ruelles adjacentes avant de reprendre notre exploration. Sienne regorge de recoins charmants, d’églises cachées et de points de vue inattendus sur les toits de tuiles rouges.
De retour à San Gimignano en fin de journée, nous profitons une dernière fois de notre agriturismo avant le changement de logement le lendemain.
Florence, berceau de la Renaissance
Le mercredi est consacré à la visite de Florence, la capitale de la Toscane et berceau de la Renaissance. Nous y passons la journée avant de rejoindre notre nouvel hébergement à Pistoia en fin d’après-midi.
Premier choc en débouchant sur la Piazza del Duomo : la cathédrale Santa Maria del Fiore est colossale. Son immense coupole de briques rouges, chef-d’œuvre de Brunelleschi, domine les toits de la ville depuis plus de cinq siècles. Le campanile de Giotto et le Baptistère Saint-Jean, avec ses célèbres portes en bronze dorées baptisées “Portes du Paradis” par Michel-Ange, complètent ce trio de monuments exceptionnels.
Nous déambulons dans les rues animées, passons par le Mercato di San Lorenzo où les étals débordent de produits locaux, de maroquinerie et de souvenirs en tout genre. L’odeur de cuir se mêle à celle des paninis fraîchement préparés. Puis nous rejoignons la Piazza della Signoria, véritable musée à ciel ouvert avec ses sculptures sous la Loggia dei Lanzi et l’imposant Palazzo Vecchio.
Florence est une ville où chaque coin de rue offre un trésor artistique. Malgré la foule (en mai, c’est la pleine saison), l’émerveillement est constant. Avec un enfant en bas âge, nous ne tentons pas les grands musées comme les Offices ou l’Accademia, mais la ville elle-même est un musée géant qui se visite à ciel ouvert. Et les nombreuses gelaterie qui jalonnent le parcours offrent des pauses bienvenues pour recharger les batteries de toute la famille.
En fin de journée, nous prenons la route vers Pistoia, petite ville tranquille au pied des Apennins, qui sera notre base pour les deux nuits suivantes. Notre hébergement, l’agriturismo Il Fienile della Farnia, entouré de vignobles et d’oliviers, offre un cadre bucolique parfait pour se ressourcer après l’effervescence florentine.
Le zoo de Pistoia
Le jeudi est une journée spécialement pensée pour notre fils : direction le zoo de Pistoia ! Nous y passons quasiment la journée entière. Ce zoo à taille humaine, niché dans un cadre verdoyant, abrite une belle diversité d’espèces et offre des enclos spacieux et bien aménagés. Un bon compromis entre découverte animale et promenade au frais sous les arbres.
Le clou de la visite pour notre fils : la section des éléphants. Il reste littéralement hypnotisé par ces géants paisibles qui se promènent à quelques mètres de lui. Le zoo propose également un parcours avec des reconstitutions de dinosaures grandeur nature, le bonheur absolu pour notre petit fan de dinos.
L’agriturismo de Pistoia
En fin de journée, de retour du zoo, nous profitons du temps restant pour nous détendre à notre agriturismo. L’endroit est un vrai petit paradis : une ancienne bâtisse en pierre entourée de vignes et de vergers avec une cour intérieure pleine de charme. Il y a même une basse cour (poules, canards..) et des jeux pour enfants.
Notre petit profite du jardin ombragé, entre ballons et jeux en plein air. Un moment de détente absolue, bercés par le chant des cigales et la brise tiède qui descend des collines. Le genre d’après-midi où l’on ne fait rien, et c’est exactement ce qu’il faut.
Plage, Pise et gelato
Pour notre dernière journée complète en Toscane, cap sur la côte ! Direction la plage pour une matinée de farniente bien méritée après ces journées de visites. Le front de mer de Viareggio, avec ses palmiers, ses fontaines Art déco et ses établissements balnéaires colorés, nous offre un cadre inattendu pour une pause les pieds dans le sable en Toscane.
Le sable fin, les vagues douces de la Méditerranée… notre fils est aux anges, courant pieds nus au bord de l’eau et creusant dans le sable avec une énergie inépuisable.
En milieu d’après-midi, nous reprenons la voiture direction Pise pour le passage obligé devant la Tour penchée. La Piazza dei Miracoli (place des Miracles) porte décidément bien son nom : le Baptistère, la Cathédrale et la fameuse Tour forment un ensemble architectural d’une blancheur éclatante, posé sur un tapis de pelouse d’un vert intense. L’effet est presque irréel.
La Tour penchée est évidemment l’attraction principale, et l’incontournable pose “je retiens la tour” fait partie du folklore. Impossible d’y échapper, et nous ne faisons pas exception à la règle. L’inclinaison est saisissante vue de près : on comprend mieux pourquoi les ingénieurs ont passé des siècles à tenter de la stabiliser (elle penche tout de même de près de quatre degrés !).
Nous rendons la voiture de location avant 18 heures et passons notre dernière soirée à Pise, entre gelato, pizza et promenade le long de l’Arno. Le lendemain matin, vol retour vers Beauvais, la tête pleine de souvenirs des collines toscanes, des glaces artisanales, des cathédrales somptueuses et des soirées douces dans les ruelles médiévales.
La Toscane est une destination idéale pour un court séjour en famille : les distances entre les villes sont raisonnables (rarement plus d’une heure de route), les paysages sont sublimes, la cuisine divine, et chaque ville réserve son lot de merveilles. Une région à laquelle il est très facile de succomber, et où l’on a déjà envie de revenir.